Démentis Sur Le Coton Biologique & Le Cachemire

Démentis Sur Le Coton Biologique & Le Cachemire
 Article construit en partenariat avec Good Fabric 


Démentis Sur Le Coton Biologique & Le Cachemire

  

Comment crée-t-on un vêtement éco-responsable ?
Penser écodesign, vendre en circuits courts, opter pour un packaging minimaliste… Parmi les choix engagés que peut effectuer une marque, celui de la matière première est crucial. Aujourd’hui, les initiatives écoresponsables fleurissent, et avec elles, leurs dérives. Le coton biologique par exemple, est brandi comme un laisser passer, pourtant il est vendu en plus grande quantité qu’il n’en est produit dans le monde…
Les amalgames entre « naturel », « écologique » et « biologique » sont courants. Les marques profitent de cette confusion pour verdir leur image, c’est l’essence même du greenwashing. Vérifier un label, est-ce la responsabilité d’une marque ? À quelle fréquence, et par quels moyens ? Et quand il n’en existe pas, qu’est-ce qui garantit le respect de l’Humain, de l’animal ou de l’environnement ?  

Les solutions sont d’abord et presque uniquement entre les mains des dirigeants des enseignes d’habillement.

Good Fabric

Cooperative Coton Biologique et Equitable 1920x1920

Une traçabilité compliquée

De nombreuses étapes de la chaine de production d’un vêtement ne sont pas maîtrisées par la plupart des marques aujourd’hui. Elles sont en contact avec leurs fournisseurs de rang 1 (directs : par exemple, un confectionneur de jeans) et peu, voire pas, au-delà du rang 2 (les fournisseurs de fournisseurs, dans notre exemple : de la toile de denim). Au-delà du rang 3 c’est l’opacité totale. Ces étapes constituent pourtant les ingrédients d’un vêtement et gagent de sa qualité, comme un boulanger s’appuie sur la meilleure farine et son savoir-faire pour garantir un produit de bonne facture. Elles devraient relever directement du choix des marques.
Dans l’industrie de la mode, ce choix est rendu complexe par la multitude d’acteurs intermédiaires entre l’origine d’une matière première (végétale, animale, synthétique) et le produit fini. La culture, la récolte, la filature, la teinture, le tissage, l’ennoblissement (qui donne au textile ses caractéristiques techniques et de texture) : autant de kilomètres parcourus entre deux étapes, autant de possibilités de dévier de normes sanitaires, écologiques ou sociales exigées par une certification. C’est tout l’enjeu de la traçabilité dans ce secteur : relier et vérifier les engagements des intervenants sur une chaîne pluri-fragmentée et transmettre clairement ces informations sur une étiquette à destination du grand public.
 

LE COTON BIOLOGIQUE

Coton Sans OGM Sans Pesticide Fibre Textile Saine Bienveillante


Les dérives

Aujourd’hui, il est vendu plus de coton biologique qu’il n’en est produit dans le monde. La responsabilité d’une marque s’arrête-t-elle à un certificat lors de l’achat ? Si l’on s’en réfère au principe de Responsabilité Élargie du Producteur selon lequel une marque est responsable d’un produit après sa mise sur le marché -, alors la réponse est non. C’est à elle de garantir au consommateur la traçabilité de l’ensemble de sa chaîne de valeur et l’engagement unanime de ses parties prenantes. C’est à elle de garantir l’innocuité de ses produits (par exemple lorsqu’ils sont certifiés Œko-Tex Standard-100) pour les 10, 20 ou 30 années d’usage à venir. C’est à elle de garantir une réelle certification GOTS afin d’optimiser leur tri et leur recyclabilité (un concept expliqué dans cet épisode du Sapping) 

Qu’est-ce qu’un coton biologique ?

Pour Good Fabric, vérifier l’authenticité des certificats n’est pas une responsabilité que l’on peut déléguer.
Ces pionniers de la mode éthique en France depuis 17 ans accompagnent leurs clients dans la transformation durable de leur marque et de leur offre produit.
À leurs débuts, une coopérative indienne se convertissait au bio et employait 15 coton-culteurs ou fermiers. Aujourd’hui ils sont 15 000 dans cette même coopérative dont les méthodes n’ont pas changé.
Pour s’en assurer, chaque année, l’équipe Good Fabric se rend sur place afin de prélever des échantillons de terre et des balles de coton pour vérifier que ni la matière ni les sols environnants ne sont contaminés par les OGM ou les pesticides interdits par le standard GOTS
À l’heure actuelle, pour garantir l’authenticité du coton biologique, il est important de prendre en compte les volets environnementaux et sociaux. Pour le volet environnemental, le label Global Organic Textile Standard (GOTS) est reconnu comme la norme internationale du traitement des textiles produits à partir de fibres biologiques. Cette certification définit des critères stricts en matière d'environnement pour l’ensemble de la chaîne d'approvisionnement, et contient également un volet social qui peut être renforcé par des certifications plus poussées comme par exemple SA8000. Ces certifications doivent être délivrées par un organisme indépendant, comme par exemple Ecocert pour GOTS.

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Une filière doit s’engager dans sa totalité 

Pour que les progrès soient réels, traçables et cohérents, il faut que toute la filière s’engage. Ce qui signifie également instaurer une relation stable et durable avec ses partenaires, ce à quoi le secteur du vêtement est très peu habitué. La plupart des marques notamment de fast-fashion mettent les fabricants en compétition à chaque collection (parfois donc, toutes les deux semaines) pour obtenir un coût de production minimal. Celui-ci est souvent synonyme d’impact socio-environnemental maximal : une main d’œuvre à bas prix dans un pays lointain.
Quelle que soit l’importance de l’industrialisation d’une chaine de production, tout repose sur le bon sens et les valeurs humaines. Les certifications sont fastidieuses, c’est aussi ce qui les rend fiables. Elles sont une preuve incontournable mais insuffisante. Les marques doivent s’imposer le principe de responsabilité en allant sur le terrain à la rencontre de toutes les parties prenantesde la filière
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L'ENVERS DU CACHEMIRE

Les dérives

Le cachemire a toujours été une matière très appréciée du grand public. Cette fibre animale d’une extrême douceur présentait une connotation luxueuse… Jusqu’à ces 5 dernières années. Nul.le n’est passé à côté des promotions de grandes enseignes ou de la réjouissance d’un consommateur qui ne voit désormais plus l’intérêt de dépenser davantage pour un produit apparemment similaire. Toute la problématique est là : celle des valeurs portées ou bafouées par un vêtement, directement corrélées à son prix qui est bien souvent la seule information contenue sur l’étiquette.

Le geant japonais de la mode Uniqlo debarque en Belgique 

 

Qu’est-ce qu’un cachemire durable ?

Good Fabric Filiere AVSF Cachemire Durable Mongolie 

Il n’y a aujourd’hui pas réellement de certification existante pour le cachemire. Un nouveau standard vient d’être créé, récent de deux mois, sur lequel il n’y a pas encore suffisamment de recul. Il faut faire la distinction entre un cachemire biologique qui peut être certifié par GOTS et un cachemire durable qui prend en compte le bien-être animal de façon plus approfondie (rotation des pâturages, soins, technique de tonte/peignage,…) en plus de considérations environnementales et humaines.
L’Humain et le bien-être animal sont deux facteurs clefs et intimement liés pour un cachemire durable. Là encore, ces informations nous ont été soufflées par l’équipe de Good Fabric, qui travaille à la structuration d’une filière de cachemire durable en Mongolie extérieure, depuis des années. Il existe plusieurs types de troupeaux de chèvres : les nomades, les semi-nomades et les sédentaires, mais les variables qui font la qualité de la matière sont toujours les mêmes :
- l’environnement : le climat, les sols, la rotation des pâturages, la bonne gestion des troupeaux, la qualité de la nourriture
- le bien-être animal : le temps passé avec l’animal, l’attention portée au quotidien qui réduit le stress, la réponse à des besoins de santé (vaccins, antibiotiques, accompagnement vétérinaire), la technique de tonte/peignage 
- les conditions de vie des éleveurs.


Comme pour le coton biologique, aller sur le terrain, à leur rencontre régulièrement est essentiel pour comprendre leur métier, leurs difficultés et ainsi assurer la pérennité de leur savoir-faire. C’est d’autant plus important que cette matière n’est pas certifiée et qu’il n’existe pas à ce jour de label référent de bonnes pratiques ou de qualité. 
Ces filières durables en Mongolie extérieure sont également les seules à prendre en compte l’impact de la filière sur l’environnement. Ainsi la gestion durable des pâturages et la préservation de la biodiversité sont devenues une priorité pour des acteurs engagés tels que l’ONG AVSF.
En l’absence de certification, la marque est responsable devant son client des bonnes pratiques d’élevage et de transformation de la matière, elle doit pouvoir en  garantir la traçabilité. 

 Vendre à bas coût financier est un très mauvais choix qui n’équilibre pas les coûts humains et environnementaux 

Good Fabric

Établir une cartographie des filières et savoir véritablement d’où viennent les matières sont les enjeux des 20 prochaines années. Il existe une vraie tension sur les marchés des matières premières qui se raréfient. Les marques qui sauront engager ce dialogue et pourront garantir leur traçabilité seront celles qui auront la confiance du client. Du story-telling au story-doing : partager avec humilité son chemin et ses erreurs, dans une dynamique d’amélioration qui ne s’arrête jamais.

Elevage Cachemire Mongolie

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