Des vêtements qui inversent la courbe du climat : la mode régénérative en pratique

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Et si cultiver des fibres de nos vêtements pouvait participer à améliorer la qualité des sols et réduire le carbone dans l'atmosphère ? C’est, en tous cas, le projet de la mode régénérative, née du concept d’agriculture régénérative. Plusieurs marques déjà positionnées sur le créneau contribuent alors à repenser l’entièreté du processus créatif, de la graines au vêtement en prenant en compte la biodiversité, l’eau, et la qualité des sols et de l’air. Comment s'appliquent ces idéaux ?

Un mélange d'éléments naturels, des micro-organismes, des insectes, des plantes sont utilisés pour cultiver le coton sans recourir aux produits chimiques. Dans les champs de la marque Christy Dawn, par exemple, les agriculteurs plantent également des cultures riches en azote comme l'indigo ou de la canne à sucre. Ces cultures restaurent non seulement les éléments nutritifs essentiels du sol, mais sont également utilisées dans la production de vêtements. L’indigo sert ensuite à teindre les pièces de la marque.

Ces types de méthodes agricoles améliorent la santé des sols, leur permettent de séquestrer le carbone de l'atmosphère, plutôt que d’en libérer comme le fait l'agriculture industrielle. En prime, elles génèrent d’autres avantages écologiques : les sols sains retiennent mieux l’eau et attirent une plus grande biodiversité. En permettant à la terre d’absorber davantage d’eau et de carbone, l’agriculture régénérative permet ainsi de ralentir l’érosion des sols, de reconstituer les plantes et d’atténuer les inondations.

Une mannequin porte une robe rouge à motifs floraux. En fond, un bâtiment dans une ville américaine. La robe est de la marque Christy Dawn et est conçue en coton régénératif.
Robe en coton régénératif de la marque Christy Dawn

Si la mode biologique n'abîme pas la terre, la mode régénérative, elle, la nourrit 

Ce n’est que lorsqu’une terre est riche en nutriments qu’elle est ensuite capable, par la photosynthèse, d’isoler le carbone de l’atmosphère qui devient alors la nourriture de micro-organismes. Or, depuis la révolution industrielle, de nombreux processus agricoles ont conduit d’immenses superficies de terres à ne plus être en capacité d’absorber du carbone, ni même de l’eau. Au contraire, un sol mis à mal va rejeter l’eau et le dioxyde de carbone à disposition. Se mettre du côté de l’agriculture régénératrice et ainsi repenser la production du vêtement dans sa totalité, c’est l’occasion pour la mode d’avoir un impact significatif sur la nature, et sur les dérèglements environnementaux, tout en améliorant la qualité des fibres utilisées. En effet, en rendant les plantes plus résistantes et plus denses en nutriments, l’agriculture régénérative permet ainsi, in fine, de produire des fibres de meilleure qualité.

Zoom sur un plant de coton avec des champs entiers en fond.

La mode régénérative entend ainsi aller plus loin que la mode biologique, en y ajoutant, aux exigences d’absence de substances toxiques ou chimiques, de bien-être animal et de respect des droits des travailleur·ses, un objectif de régénération même de la santé des sols. Pour être qualifié de “biologique”, un vêtement doit répondre à des exigences d’ordre agricole (usage de graines organiques, absence de traces d’OGM, de pesticides et d’engrais chimiques), mais rien n’est véritablement prévu quant à la santé des sols à proprement parler, ainsi qu’à la question de l'absorption du carbone par la terre. 

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