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Avant Noël : comment apprendre aux enfants à consommer responsable ?

La publicité et les pressions sociales font des enfants des consommat·eurs·rices en puissance avant même qu’iels n’aient accès à une véritable compréhension du monde qui les entoure. Alors que l’impact environnemental d’un·e enfant [1] (comme de tout être humain) n’est pas négligeable, comment faire pour contrer ces influences négatives dès le plus jeune âge ? Sans les brusquer ni les affoler, voici quelques conseils pour informer les enfants sur le lien entre modes de consommation et dégradation de la planète.

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Etape 1 : informer l’enfant sur les enjeux environnementaux de la consommation

Les enfants ont soif d’apprendre. D’après Laelia Benoit, médecin pédopsychiatre et chercheuse à l’université Yale aux États-Unis, s’iels ne se posent pas ces questions seul·e·s, il faut les conduire à se les poser en leur soumettant l’idée. On peut par exemple en parler au moment de faire les courses : “Sais-tu comment cet objet est produit ? Sais-tu qu’il contient plusieurs matières ?”.

Évidemment, il n’est pas question de tester les connaissances de l’enfant en la matière. Il s’agit plutôt de briser la glace, une entrée en matière pour expliquer à l’enfant, l’air de rien, l’origine des matériaux et, de fil en aiguille, leurs impacts. Par exemple, dans le cas d’un objet en bois, on pourra dire à l’enfant : “Pour faire cet objet, on a dû couper un arbre. Les arbres sont importants pour créer de l’air que les humains et les animaux peuvent respirer. Il ne faut pas trop en couper”. Une façon simple d’expliquer aux enfants que les objets qu’iels utilisent ne sortent pas de nulle part et ont un impact sur le monde.

Et dans le cas du plastique et de matières plus compliquées à expliquer ?

Il est facile d’illustrer l’impact d’un objet en bois auprès d’un·e enfant en bas âge qui n’aura aucun mal à imaginer un arbre coupé. Mais dès qu’il s’agit de matières artificielles, notamment du plastique, c’est une autre paire de manches !

Bien sûr, il n’est pas question de lui faire un exposé pour lui expliquer l’origine pétrochimique, le forage, le problème des microparticules… Dans ce cas, il faut quelques connaissances de base pour utiliser des notions qu’iel peut comprendre et pour lesquelles iel va développer de l’empathie. Le plus simple : raccrocher le sujet aux animaux et au monde tout proche qui l’entoure.

Laelia Benoit livre un exemple précis : “Si on veut sensibiliser l’enfant aux problèmes du suremballage et du plastique, on peut par exemple dire ‘On a un contenant solides qu’on réutilise à chaque fois qu’on va faire nos courses parce que ça nous évite d’acheter des sacs plastiques à chaque fois qui vont finir à la poubelle. ça fera moins de poubelles et c’est important pour la planète de réduire nos poubelles. Ça fera aussi moins de saletés dans la rue. Et parfois les poubelles finissent dans la mer et c’est mauvais pour les poissons.

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Etape 2 : ancrer le discours dans des actions du quotidien

Une fois que l’enfant a compris les problématiques et a découvert d’autres modes de consommation, il faut qu’iel les retienne, et ce n’est pas une mince affaire ! Le processus est long et pour éviter de reprendre ses explications à zéro à chaque fois, il est utile d’ancrer son discours dans les actions du quotidien.

Pour faire simple, quand, en présence de l’enfant, on fait le choix d’acheter un produit plutôt qu’un autre pour des raisons d’éthique, il faut l’expliquer, penser à voix haute. “En tant qu’adulte, on mène une réflexion mentale pour savoir s’il faut acheter tel ou tel produit. Quand on est face à un enfant, il suffit de verbaliser ce cheminement de pensée, de verbaliser ses choix, de verbaliser les choses du moment.” développe Laelia Benoit. De cette manière, l’enfant va comprendre ce qui guide un choix, mais il va aussi pouvoir retenir les éléments importants, intégrer ce cheminement de pensée qui lui permettra de choisir lui-même des produits plus éthiques.

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Etape 3 : proposer des solutions de consommation alternatives claires

Le cerveau des enfants n’a pas la capacité d’appréhender des problématiques complexes et abstraites. En tant qu’adultes, on ne peut donc pas se contenter d’expliquer les enjeux et d’attendre des enfants qu’iels agissent et revoient leurs désirs et les modes de consommation en conséquence. Pour que les enfants comprennent bien ce dont on parle et ce qu’il faut faire en matière de consommation, il faut pouvoir mettre la théorie en pratique.

De plus, si les adultes expliquent les enjeux environnementaux sans proposer dans le même temps des solutions, iels risquent de créer une inquiétude chez l’enfant qui va emmagasiner une culpabilité. “La culpabilité ne sert à rien chez les enfants. Ça ne sert à rien de leur expliquer que, jusqu’ici, l’humanité a utilisé beaucoup trop d’emballages plastiques et que les écosystèmes sont menacés, etc. Il faut ancrer leurs actions dans le présent sans invoquer les conséquences des actions passées. L’objectif, c’est que l’enfant comprenne qu’en ayant consommé différemment et de manière responsable, il a fait un geste utile et qu’il en retire de la satisfaction.” explique Laelia Benoît.

Proposer une alternative immédiate de consommation permet à l’enfant d’évacuer son inquiétude et sa culpabilité en ayant le sentiment d’avoir réparé le danger par ses actions, même les plus minimes.
Proposer une alternative permet à l’enfant de mieux comprendre puisque l’alternative proposée va servir de support pour illustrer une consommation plus vertueuse.

La culpabilité ne sert à rien chez les enfants.”

Concrètement, ça donne quoi ?

On l’a compris, pour que ça marche, il faut être réactif·ve ! Dès que l’enfant demande à acheter quelque chose qu’on juge mauvais pour l’environnement, l’adulte doit être en mesure de lui proposer une alternative immédiate. 3 grandes options s’offrent à nous :
Si on est dans un magasin, on peut directement proposer un produit similaire à celui demandé, mais plus éthique car fabriqué localement, à partir de matières moins polluantes, etc.

Remettre l’achat à plus tard. Mais attention, il ne faut pas être évasif·ve. L’option doit être décrite de manière précise. On peut par exemple dire “si tu veux, on peut aller chercher la même chose dans une boutique de seconde main.”
Décider de ne rien acheter, en suggérant un produit similaire à la maison pour sensibiliser les enfants à l’importance d’utiliser ce que l’on a déjà plutôt que d’acheter de nouvelles choses, pas vraiment utiles, sans cesse.

Quelle que soit l’initiative proposée, elle n’aura de sens que si les raisons qui guident le choix sont expliquées à l’enfant. De la même façon, lorsque l’enfant manifeste l’envie de consommer un produit qu’on juge non-éthique, il ne sert à rien de lui dire “non” sans expliquer pourquoi ce produit est “mauvais”.

 

Références

[1] Faut-il faire des enfants en 2022 ?

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