Le Portugal, nouvel épicentre industriel de la mode européenne et alternative à l’Asie

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[En récap] Le Portugal est un nouvel épicentre industriel de la mode européenne, alternative crédible à l’Asie pour les marques, porté par la relocalisation, la sécurisation des approvisionnement et les exigences de traçabilité. Un écosystème complet de savoir-faire, du co-développement à l’innovation textile, mis en lumière à Première Vision Paris.

Le Portugal s’affirme aujourd’hui comme un partenaire de référence pour la mode européenne. À l’heure où les marques cherchent à mieux maîtriser et sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement tout en renforçant leur traçabilité, le pays de l’Union des 27 entend démontrer qu’il constitue une alternative plus que crédible face aux concurrents asiatiques. Proximité géographique, réactivité industrielle, savoir-faire reconnus : autant d’atouts qui placent l’industrie portugaise en position de répondre aux nouvelles exigences du marché. Un catalogue d’exposants à découvrir sur l’édition de Février 2026 de Première Vision Paris.

Une reconquête industrielle en marche

Le « made in Portugal » serait-il en passe de devenir le nouveau « made in China » des marques européennes ? Après avoir subi – comme une grande partie du continent – une vague de délocalisations à la fin du XXᵉ siècle, l’État opère depuis quelques années un retour remarqué sur la scène industrielle textile.

Les chiffres confirment cette montée en puissance : depuis 2020, les exportations textiles portugaises ont progressé à un rythme annuel moyen de 4,6 %, pour atteindre 5,577 milliards d’euros en 2024. D’abord cantonné au rôle de sous-traitant, il se positionne aujourd’hui comme acteur stratégique à part entière de la production européenne.

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©Première Vision Paris

Pourquoi la production portugaise est-elle plus sécurisée ?

Le principal atout du Portugal tient à sa proximité géographique avec les marchés européens. Les crises récentes – pandémie, guerre en Ukraine, conflit commercial entre les États-Unis et la Chine – ont révélé la fragilité des chaînes d’approvisionnement longues et dépendantes de l’Asie. Retards de livraison et flambée du fret maritime – multiplié par six entre 2019 et 2022 – ont poussé de nombreuses marques à repenser leur sourcing au profit d’une production plus proche, aux délais et aux flux mieux maîtrisés.

« Avec le Portugal, les échanges sont directs, les visites d’ateliers possibles et le suivi beaucoup plus transparent » – Valentin Porcher, fondateur de la marque Olow

De fait, produire au Portugal implique un coût salarial plus élevé qu’en Asie. En 2025, le salaire minimum portugais s’élevait à environ 1 015 € bruts par mois (1), soit près de trois fois plus qu’en Chine et environ dix fois plus qu’au Bangladesh. Mais cet écart s’accompagne de garanties. « Membre de l’Union européenne, le pays bénéficie d’un cadre clair en matière de droits sociaux et de conditions de travail », rappelle Valentin Porcher, fondateur de la marque Olow. Cette appartenance à l’UE garantit également la libre circulation des marchandises, sans droits de douane, à la différence des importations asiatiques.

Ce cadre facilite aussi la gestion quotidienne des productions. « Avec des usines très lointaines, le contrôle réel devient compliqué. Ici, les échanges sont directs, les visites d’ateliers possibles et le suivi beaucoup plus transparent », ajoute-t-il.

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Comment le Portugal répond-il aux nouveaux rythmes de la mode ?

Aussi cette proximité permet-elle de gagner en réactivité. Dans un contexte de collections de plus en plus fragmentées, les industriels portugais savent gérer de petites et moyennes séries, organiser des réapprovisionnements rapides et ajuster les volumes en cours de saison. « Être plus proche des usines façonne notre organisation : petites quantités au lancement, réassorts rapides. Nous pouvons livrer de nouveaux stocks en quinze jours et développer un produit en six semaines », expliquait récemment Marcel Nakam, directeur général de Jonak, dans un entretien accordé à The Good Goods.

Dans la confection, des manufactures comme Calvi illustrent cette capacité à produire des volumes intermédiaires dans des délais resserrés, offrant aux marques la possibilité d’aligner leur production aux performances réelles du marché.

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Le Portugal est-il plus qu’un simple outil industriel

Cette flexibilité repose également sur un écosystème industriel fondé sur le co-développement et l’accompagnement technique, avec des fabricants désormais impliqués en amont des projets. « Il y a un savoir-faire indéniable, commente Valentin Porcher. De la phase de création au produit fini, les usines sont garantes de qualité et de durabilité, avec une expertise donnée de A à Z. »

Des acteurs comme Somelos Tecidos dans les tissus innovants, ou A. Sampaio & Filhos dans le tricot circulaire, mettent en avant leur capacité à intervenir dès les phases de prototypage et de développement matière. L’agilité de la production portugaise tient enfin à une organisation industrielle de plus en plus intégrée. Des entreprises telles que TMG Textiles ou Paulo de Oliveira maîtrisent plusieurs étapes clés de la chaîne de valeur – de l’élaboration des tissus à l’ennoblissement, voire à la confection –, réduisant le nombre d’intermédiaires et, par conséquent, les délais de décision.

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©Première Vision Paris

Pourquoi la pluralité des savoir-faire portugais fait-elle la différence ?

L’autre pilier expliquant l’attractivité du pays ibérique réside dans la richesse et la variété de l’appareil productif disponible. Fort d’un héritage textile ancien, le pays a modernisé ses filières et structuré un écosystème capable de couvrir des besoins très divers maille, denim, tailoring, confection, tissus techniques, cuir, accessoires…

Cette pluralité lui permet de s’adresser à des segments très différents, du prêt-à-porter moyen de gamme aux collections premium. Somelos Tecidos illustre par exemple la spécialisation dans les matières innovantes tandis que Paulo de Oliveira incarne une expertise reconnue dans la laine et le tailoring haut de gamme. Dans un registre proche, Albano Morgado témoigne de la solidité des savoir-faire portugais dans les tissus de laine techniques et responsables. La maille constitue d’ailleurs un pôle majeur : des entreprises comme A. Sampaio & Filhos ou Brito Knitting montrent la capacité du pays à conjuguer tradition du tricot et innovation matière. 

Pourquoi Première Vision est-t-il un observatoire privilégié ?

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©Première Vision Paris

Le salon Première Vision Paris, qui se tiendra du 3 au 5 février au Parc des expositions de Paris Nord Villepinte, offrira un aperçu de la place occupée par le Portugal dans la filière mode européenne. Cette édition, placée sous le signe des territoires de savoir-faire, mettra particulièrement à l’honneur trois pays – la France, le Japon et le Portugal – au cœur des tendances Printemps-Été 2027. Près de 1 000 exposants internationaux y seront réunis, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur textile, des tissus à la confection.

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[1] Salaire équivalent, calculé sur la base de 12 mois.

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