[Récap] Trace For Good est une plateforme de traçabilité destinée aux marques de mode. L’outil collecte, structure et fiabilise les données produits. Paramétrable et connecté aux systèmes existants (PLM, ERP, logiciel d’ACV), il organise les échanges avec les fournisseurs et sécurise la conformité en quelques semaines. Au-delà du réglementaire, la solution accompagne également les marques sur l’identification de la sous-traitance et la prévention du greenwashing. Carte d’identité de l’entreprise dans cet article.
Créée en 2022, Trace For Good est née avec l’ambition de contribuer à une industrie de la mode plus transparente. Dans un contexte de multiplication des obligations réglementaires en France, en Europe et à l’international, l’entreprise propose aux marques une plateforme de traçabilité destinée à collecter, structurer et fiabiliser les informations liées à leurs produits et à leur chaîne d’approvisionnement. À l’heure où la qualité de la donnée conditionne conformité, performance et crédibilité, la solution accompagne les entreprises, de l’organisation interne jusqu’à la cohérence de leur communication.
Pourquoi la traçabilité est-elle devenue stratégique ?
Agec, DPP, ESPR, PPWR, RDUE… Autant d’acronymes qui jalonnent désormais le quotidien des directions RSE. Ces dernières années, les exigences de transparence et de conformité se sont intensifiées en France et en Europe. L’objectif : pousser les marques à documenter leur chaîne de production et en rendre les mécanismes lisibles, dans un contexte de réduction d’impact et d’exigence éthique. L’entrée en vigueur de l’affichage environnemental, le 1er octobre, a concrétisé cette évolution.
Avec l’affichage environnemental, l’enjeu s’intensifie : une information imprécise peut dégrader le score. Demain, le DPP devrait donner aux données un rôle encore plus central dans l’évaluation de la performance et dans la conformité » – Maïlys Rebora, directrice marketing chez Trace for Good
C’est dans ce paysage réglementaire en mutation qu’est née Trace For Good, en 2022. Plateforme de traçabilité et de structuration des données produits, l’entreprise met à disposition des marques un outil qui organise l’information, centralise les contributions des fournisseurs et en garantit la fiabilité. Chaque référence peut être cartographiée selon les particularités du produit et de la chaîne d’approvisionnement, et ce jusqu’au composant le plus spécifique. « L’un des enjeux majeurs était de réintégrer les fournisseurs comme de véritables parties prenantes, d’accroître la transparence et de mieux maîtriser les risques réputationnels », explique Maïlys Rebora, directrice marketing.

Aujourd’hui, la société accompagne une cinquantaine de marques issues de divers segments – distribution, premium, luxe… « Notre solution s’adresse principalement aux entreprises qui dépassent 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, seuil d’assujettissement à la loi AGEC, qui disposent d’un important réseau de fournisseurs ainsi que de systèmes internes de gestion des données. À ce stade, l’automatisation de la traçabilité devient souvent nécessaire », précise-t-elle.
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Qu’est-ce qui distingue la solution Trace for Good ?
Sur un marché où les outils de traçabilité se multiplient, Trace For Good met en avant une plateforme « 100 % paramétrable », conçue pour s’adapter au modèle et aux priorités de chaque enseigne. Cette flexibilité constitue, selon Maïlys Rebora, l’un des piliers de la solution. « Nous n’avons pas voulu créer un outil figé : chaque entreprise peut définir son propre niveau d’exigence, du socle de conformité réglementaire jusqu’à des critères internes plus avancés », explique-t-elle.

La fiabilité constitue le deuxième axe. Depuis 2023, la loi Agec a mis en lumière le manque d’informations et la difficulté à en garantir l’exactitude. « Une donnée incorrecte empêche d’identifier les hotspots environnementaux et fragilise la conformité. Avec l’affichage environnemental, l’enjeu s’intensifie : une information imprécise peut dégrader le score, souligne la directrice marketing. Demain, le passeport numérique des produits (DPP) devrait donner aux données un rôle encore plus central dans l’évaluation de la performance et dans la conformité. » En plus d’industrialiser la collecte, la plateforme a développé plusieurs mécanismes de contrôle permettant aux marques d’ajuster le niveau de preuve exigé pour chaque donnée collectée.
« L’idée était de rendre le processus plus simple et moins chronophage pour les fournisseurs que d’autres approches du marché », explique Maïlys Rebora, qui assure que ces derniers en confirment régulièrement l’utilité. Chaque partenaire de la chaîne de valeur dispose ainsi d’un espace dédié où les demandes sont centralisées. La marque assume le coût de la plateforme ; un support spécifique et des ateliers complètent le dispositif.
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Comment la mise en œuvre s’opère-t-elle concrètement ?
« L’enjeu est de définir le bon niveau d’exigence, tant sur le volume de données collectées que sur leur degré de précision » – Maïlys Rebora, directrice marketing chez Trace for Good
Le délai de mise en place dépend du niveau de maturité de l’entreprise. L’intégration débute par un état des lieux des outils existants, de l’organisation documentaire et de la cartographie fournisseurs. « À partir de ce diagnostic, un plan de déploiement est établi. L’enjeu est de définir le bon niveau d’exigence, tant sur le volume de données collectées que sur leur degré de précision », ajoute Maïlys Rebora. Lorsque l’entreprise dispose déjà d’un logiciel de gestion des produits – comme un outil de gestion du cycle de vie produit (PLM) ou un logiciel de gestion de l’entreprise (ERP) -, la plateforme peut s’y connecter afin d’éviter de recollecter des informations déjà disponibles. Sinon, les données sont importées puis structurées progressivement.
Les équipes identifient ensuite les éléments manquants et organisent une collecte progressive ; car « passer brutalement de zéro à un niveau d’exigence élevé peut parfois conduire à des résultats en-deçà des attentes », note la directrice marketing. Pour la conformité Agec, l’intégration peut être réalisée en quatre semaines. La récupération des données nécessaires à un calcul de cycle de vie (ACV), comme pour l’affichage environnemental, plus exigeante, demande davantage de temps.
[Use case] Volcom figure parmi les marques accompagnées. Plus de 1400 produits ont été intégrés pour répondre aux obligations réglementaires et structurer le suivi environnemental. Chaque produit comporte également un QR code individuel imprimé sur son étiquette, destiné aux client·es. L’enseigne prévoit désormais d’aller au-delà de la conformité, en intégrant des démarches d’éco-score et d’éco-conception.
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Comment former les marques en matière de communication environnementale ?
Un dernier enjeu apparaît : la communication. Les marques disposent de davantage d’informations, mais les équipes ne sont pas toujours formées à ces questions et peinent à savoir comment les traduire en messages conformes. « Chez certaines, on observe encore des pratiques qui relèvent du greenwashing, souvent par manque de cadre ou de formation », note Maïlys Rebora. L’affichage environnemental, qui rend un score public, et les futures obligations liées au passeport numérique des produits (DPP), prévues par le règlement européen sur l’écoconception (ESPR), renforcent cette exigence.
« La manière dont l’information est rendue publique cruciale » – Maïlys Rebora, directrice marketing chez Trace for Good
Pour y répondre, Trace For Good organise des ateliers pédagogiques destinés à analyser des contenus existants, repérer des formulations à risque, proposer des alternatives. « L’objectif est d’aider les équipes marketing, produit ou communication à comprendre les implications réglementaires et réputationnelles de leurs messages », précise-t-elle.
L’entreprise propose également des missions de conseil plus approfondies : audit du site internet, analyse des contenus, recommandations, accompagnement au changement en interne… « Structurer l’information est une première étape », estime Maïlys Rebora, avant de conclure : « La manière dont elle est rendue publique compte désormais tout autant. »