L’Espagne est un pays fécond pour les entreprises de fast-fashion. Zara et Bershka du groupe Inditex ou encore Mango et Desigual ont un point commun : toutes sont espagnoles. Pourquoi ce pays, qui n’a pas le pouvoir d’achat le plus puissant d’Europe, est le berceau de géants de la fast-fashion ? Avec l’avancée fulgurante de Shein, ces marques espagnoles ont-elles encore de beaux jours devant elles ?
Le père de la mode dite « jetable » est espagnol : Amancio Ortega. À la tête du groupe Inditex en 1975, il propose un nouveau modèle de vente rapide de vêtements avec la marque Zara, où les rayons sont renouvelés toutes les deux semaines. Le groupe privilégie une stratégie industrielle locale où l’organisation de la chaîne logistique est centralisée en Espagne, là où ses concurrents se sont tournés vers la décentralisation. Un modèle qui fonctionne puisqu’Inditex s’étend aujourd’hui à Zara et Zara Home, Bershka, Stradivarius, Massimo Dutti, Uterqüe, Lefties, Oysho et Pull&Bear.

Si cette stratégie rayonne à l’international et a influencé de nombreuses entreprises, elle participe aussi à l’économie nationale espagnole. Selon le rapport économique de la mode en Espagne publié par le journal Modaes, la contribution relative du secteur de la mode en Espagne au (PIB) du pays a augmenté à 2,8 % en 2022. L’augmentation de l’activité espagnole dans l’industrie du textile, de l’habillement et de la chaussure et dans le commerce de la mode a provoqué cette augmentation puisqu’elle a atteint un record historique de 32,428 millions d’euros de ventes à l’étranger
Pourquoi une telle concentration en Espagne ?
“L’Espagne a toujours eu plusieurs régions spécialisées dans les industries de la mode. Elle avait donc des entrepreneur·euses et des travailleur·euses bien formé·es dans ces secteurs et des salaires compétitifs en Europe jusqu’à la fin du XXe siècle.” José Antonio Miranda Encarnación pose un premier contexte historique, qui expliquerait ce développement concentré à l’Ouest du continent. Co-auteur du travail de recherches "Inditex et l’avantage concurrentiel de la fast-fashion espagnole,1985-2019", il voit dans l’histoire de ces entreprises la raison pour laquelle elles se sont aussi bien développées. Des entreprises puissantes et avec une stratégie concurrentielle compétitive. Elles se sont ensuite adaptées au processus de mondialisation économique pour s’insérer dans les chaînes de valeurs internationales et devenir des entreprises leaders à l’échelle mondiale.
Néanmoins, depuis le début de la mondialisation, les industries de textile espagnoles ont petit à petit fermé leurs portes pour ne laisser place qu’à la distribution en Espagne, nuance Gema Gómez. Elle est la fondatrice de Slow Fashion Next, une plateforme de formation et de conseils pour des professionnels en mode durable, circulaire et régénérative. Enfin, ces dernières années ont vu la compétitivité internationale s’endurcir par les profonds changements causés par le commerce en ligne, notamment avec l’arrivée d’entreprises chinoises.
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