Photo de lookbook et zoom sur un manteau couleur ivoire de la marque Goldwin. Le manteau est conçu à partir d'une fibre protéique Brewed Protein de l'entreprise Spiber.

Les fibres protéiques et microbiennes : de quoi parle-t-on ?

article réservé aux abonnés

Sortir des fibres synthétiques issues de la pétrochimie est essentiel pour réduire les dégâts environnementaux de l’industrie de la mode. Entre matières naturelles et néo-matériaux, les alternatives ne sont pas monolithiques et s'agit de combiner des savoir-faire traditionnels aux capacités d’innovation des centres de R&D et de la biotechnologie. Les fibres protéiques et microbiennes figurent parmi les innovations qui attirent le plus l’attention. Que sont ces fibres qui poussent en laboratoire ? 

Comment sont-elles produites ? Séquençage d’ADN et réinjection dans un micro-organisme

Produire une certaine caractéristique fonctionnelle ou une certaine couleur, non pas en utilisant du plastique, mais en cherchant du côté des structures de protéines disponibles dans la nature, c’est donc se tourner vers un séquençage d'ADN, qui se trouve dans tous les organismes vivants. Ainsi, penser la fabrication des fibres par le prisme du biomimétisme et de la mobilisation des protéines naturelles revient donc à décortiquer les structures du vivant, pour en tirer des caractéristiques qui peuvent être utiles. En effet, comme l’explique Virgine Benazet, ingénieure textile, et fondatrice d’Oomer, une société de conseils en projets textiles, la forme d’une protéine peut conférer à un élément sa couleur (comme par exemple la couleur orange des coraux) ou sa caractéristique fonctionnelle, qu’il s’agisse de propriétés de force, de couleur, ou bien encore de flexibilité (par exemple, la protéine collagène confère à notre peau son élasticité naturelle). Ainsi, le segment d’ADN qui produit la protéine nécessaire pour fabriquer une fibre, que ce soit pour sa couleur ou sa caractéristique fonctionnelle, va être copié et placé dans un micro-organisme. Grâce à un processus de fermentation microbienne, ce micro-organisme pourra ensuite être utilisé pour produire de nouveaux polymères, à partir de la protéine que la cellule d’origine. C’est cette protéine qui sera ensuite extraite et transformée en fibres.

Les premières fibres protéiques atteignent même les podiums

Une avancée majeure dans la démocratisation de ces fibres a été réalisée il y a quelques mois : Balenciaga a présenté dans sa collection été 2024 un nouveau biomatériau, le Lunaform. Né après deux années de recherches avec Gozen, start-up spécialisée en biomatériaux, ce biomatériau entièrement exempt de plastique, dérivé de la nanocellulose a pu être produit par des micro-organismes au cours d'une fermentation. La nanocellulose est un polymère naturel qui est présent dans les parois cellulaires des plantes.

Un mannequin pose pour la collection été 2024 de Balenciaga. Il portées lunettes de soleil et un long manteau noir en matière brillante. Cette fibre protéique s'appelle le Lunaform.
Manteau en Lunaform chez Balenciaga. Crédits : Balenciaga

DEVENEZ MEMBRE

et accédez à tout notre contenu premium en illimité, bénéficiez de réduction sur nos clever books...

ABONNEMENTS
Total
0
Shares
Précédent
La top liste des marques de vélotaf éco-responsables
Suivant
Jeans et denim : en Europe, la relocalisation est-elle en marche ?
À lire également

Become a Good One ! Abonnez-vous à nos contenus

Le média payant : accès illimité à tous les articles et OnePagers, réductions sur nos CleverBooks

Total
0
Share