À Quoi Ressembleront Les Boutiques Après Le Confinement ?

À Quoi Ressembleront Les Boutiques Après Le Confinement ?

 

À Quoi Ressembleront Les Boutiques Après Le Confinement ?

Pessimiste, optimiste, révolutionnaire ? On vous propose plusieurs scénarios : réagir à la va-vite en attendant le retour "à la normale" ; redoubler de créativité en proposant une nouvelle expérience Humain x Digital ; ou tout changer.
Pilule rouge ou pilule bleu ? Il s’agira probablement d’un mélange de ces solutions mais, sans surprise, c’est à vous de choisir comment pondérer l’avenir.

 

OPTION A : Scénario de Science-Fiction

Dans un monde terrifié par le virus et frappé par la rapidité de son expansion, les solutions pour faire-face sont basiques et efficaces pour la santé, plus que pour le chiffre d’affaire. Ce sont celles actuellement adoptées en majorité, les plus simples à mettre en place.
Elles permettent de garder un lien entre le client et la marque, un cap vers un avenir « comme avant [1]», que certain/es espèrent proche. Cependant ces solutions offrent peu d’espoir de convertir nos habitudes vers une consommation plus humaine et raisonnable.

De façon non exhaustive, elles comprennent :
- Des mesures de désinfection extraordinaire des surfaces et de façon pluri-quotidienne ;
- Des équipements de protections destinés aux salariés, gants et visières ;
- Une distribution de masques, gels hydroalcooliques et gants pour les visiteurs ;
- Des horaires réduits ;
- Un sas de désinfection pour client/es, espace physique intermédiaire entre lui/elle et la boutique avec gel hydro-alcoolique, gants, lingettes ;
- Un nombre de client/es strictement limité par m2 ;
- Des files d’attente ;
- Des cabines d’essayage à l’accès contrôlé, désinfectées de façon pluri-quotidienne ;
- La mise en quarantaine d’une demi-journée pour les vêtements essayés ;
- Un recours au suremballage des produits.

Un monde aseptisé dans lequel on ne peut pas échanger de sourires derrière un masque, où les doses de javel sont démultipliées et les protections jetables (= plastique à usage unique) illimitées : on est peu pour, ce sera malgré tout celui dans lequel nous vivrons dans un premier temps, ne serait-ce que pour des raisons sanitaires. 

 

OPTION B : Une nouvelle association Humain x Digital pour chaque enseigne


Un shopping expérientiel, où le conseil personnalisé avec un vendeur privilégié deviendrait la règle.
Dans cette option, on ralentit nos achats et nos sorties pour acheter plus réfléchi, plus personnalisé, au sein d’enseignes qui auront au préalable pris soin de nous connaître et de sélectionner avec nous les pièces triées sur le volet qui nous correspondent. C'est aussi un monde dans lequel le/la client/e est susceptible de dépenser plus, car il/elle le ferait moins fréquemment.
Gagnant-gagnant ? Dans cette option, on trouve :

- Des vendeur/deuses ayant du temps à dédier à un/e client/e après l’autre ;
- +/- Des vraies aptitudes en personal shopping / conseil en style ;
- Un premier meeting par visio ou WhatsApp pour repérer les produits ;
Un rendez-vous préalablement pris avant chaque arrivée en boutique ;
- Une meilleure expérience client avec moins de personnes dans la boutique, moins de stress pour le/la vendeur/se ;
- Une pré-sélection pointue du type/de la couleur/de la taille de produit à essayer ;
- Une diminution drastique des très grandes surfaces et des enseignes planétaires ; 
- Le développement des systèmes de pré-commandes et de production à la demande ;
- Un processus d’achat inscrit dans le temps long, qui laisse place à la réflexion : moins d’achats compulsifs, meilleur connaissance du produit ;
- Le développement des essayages et livraisons à domicile (donc des nouveaux emplois et plus de coursier/es à vélo !) ;
- Des applications pour payer à distance comme AliPay et WeChat en Chine ;
Plus d’interactions, une meilleure fluidité des informations relatives à la marque et au produit sur les réseaux (#transparence requise !) ;
- L’obligation pour les boutiques de développer leur activité en ligne et leur créativité pour magnifier l’expérience client. L’entreprise (re-)devient une personne morale.


BOUTIQUE

@TimoHelgert

OPTION C : Re-booter le prêt-à-porter 

Dans ce dernier scénario, on repense complètement l’acte d’achat, depuis la création vestimentaire jusqu’à la fin de vie. Il devient intégré et circulaire, inscrit dans un cycle vivant au même titre que nos existences (et aussi fragiles que nous face à un virus…). Cette option n’invente rien mais nous force la main pour finalement adopter des solutions connues, dont on sait qu’elles sont viables à long terme. Ce ne sont cependant pas les plus simples à mettre en place.

Aux critères de l’OPTION B, on ajoute :
- Un développement exclusif de produits éco-conçus et réparables, à garder longtemps ;
- Des produits à l’anatomie renseignée et communiquée en transparence au/à la client/e qui sait ce qu’il/elle achète ;
- Des vendeurs qui connaissent parfaitement leurs produits (matières, provenance, entretien) ;
- Des vendeurs qui connaissent leurs client/es parfaitement (conseils morphologie, carnation, style)… Au bonheur des Dames 2.0 ;
- La fin des soldes, des discounts massifs de type black friday ;
- Des espaces de vente petits, peu nombreux et à l’atmosphère unique, représentatifs des valeurs de la marque ;
- Des corners de réparation ; des bornes de fin de vie / recyclage des produits, comme dans la nouvelle boutique Faguo, récemment inaugurée à Bordeaux ;
- Des bâtiments à éco-conçus qui captent plus de CO2 qu’ils n’en émettent, et sont alimentés par des fournisseurs d’énergie verte de type Enercoop, comme Faguo ou Le Slip Français !

La Fédération Nationale de l'Habillement (FNH) a été mandatée pour rédiger un guide de bonnes pratiques validé par l'État… [2] En attendant, on vous laisse choisir la couleur de la pilule.

RÉ-ÉCOUTER NOTRE PODCAST SUR LE GREENFRIDAY

NOTRE ANNUAIRE DE MARQUES ENGAGÉES

[1] BOF
[2] FNH