Portraits des personnes qui font bien

Vanessa - Maison Minimaliste Zéro-Déchet

Vanessa - Maison Minimaliste Zéro-Déchet

 

Vanessa - Maison Minimaliste Zéro-Déchet

 

Passer de l’hyper consumérisme à un mode de vie zéro déchet ? Il vous faudra de la méthodologie, de la patience et… quelques  loupés ! Étape par étape, c'est la philosophie de Vanessa qui chemine sur la route du désencombrement depuis près de 10 ans et partage son expérience à travers un compte Instagram à succès : @maison_minimaliste_zerodechet. Nous avons pris un moment privilégié bien que confiné.es pour l'écouter - littéralement - nous raconter sa vie. Dressing, cuisine, entretien de la maison : le minimalisme semble nous faire réaliser des économies et gagner en qualité de vie et en espace mental. Profitons du temps long que la période nous offre pour obtenir les graines d'une routine positive à planter pour les mois (et les années ?) à venir. Ça tombe à pic, c'est la saison des semis et on vous garantit que les bonnes résolutions poussent sans OGM. Nous avons également souhaité aborder la question de la charge mentale supplémentaire que représente l'écologie pour les femmes, pas tant pour lancer un débat que pour sensibiliser, n'hésitez pas à nous donner votre point de vue, all genders welcome !


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 QUI ES-TU, VANESSA ?


Je suis Vanessa, compagne, maman et créatrice de contenus pour le compte Maison Minimaliste Zéro Déchet
J’ai grandi à Provins, je me suis rendue à Paris pour des études en immobilier et de gestion de fonds d’investissements. Je n’avais alors aucune sensibilité écologique. Mes parents ne m’ont pas transmis ces valeurs lors de mon éducation. Mes grands-parents ont connu l’après-guerre et sont restés depuis des accumulateurs compulsifs. Comme ma famille, jusqu’à la fin de mes études, je cherchais les promos et j’avais à cœur de faire des stocks « au cas où », accumulant les vêtements et objets de toutes sortes
Il y a 10 ans, je suis devenue maman. Un jour d’automne 2010, alors que ma fille commençait à marcher, je suis arrivée à l’instant où elle portait une capsule de lessive à la bouche. Séduite par la publicité, c’était la première fois que j’achetais des « pods », ces berlingots plastifiés qui venaient de sortir. L’opercule ne s’était pas percé, je lui ai simplement retiré des mains. 30 minutes plus tard, elle vomissait des litres d’eau
J’ai pris conscience brutalement que ça n’était pas un phénomène exceptionnel et que ma maison était remplie de produits nocifs pour elle, dans chaque pièce et pour chaque usage du quotidien. Hors de moi, ce fut un électrochoc, j’étais déterminée à remplacer tout ça et commençais mes recherches. 

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(RE-)LIRE NOTRE ARTICLE SUR LE MARKETING BULLSHIT DES LESSIVES

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 ZÉRO-DÉCHET AVANT BÉA

En 2010, Beatrice Johnson n’a pas encore fait son entrée en scène zéro-déchet. Les initiatives sont rares et marginalisées, fabriquer sa lessive paraît relever de l’exploit. Je me mets en quête des différents ingrédients. Je lis, je teste, je change de recette quand cela ne me convient pas. J’ai l’impression de déconstruire tout ce que je sais sur l’entretien ménager et de reformater mon cerveau. 
Le mode de vie zéro-déchet est un long chemin qui est loin d’être linéaire. Pour la lessive par exemple, tout y passe : les noix de lavage, le savon râpé, le savon noir.… Il y a les alternatives qui sont écolo mais par performantes, celles qui sont performantes mais agressives pour la machine. Même quand je pense avoir trouvé l’idéal, je tente de l’améliorer en simplifiant sa confection, pour me simplifier aussi la vie. 
 

Simple & efficace.

SIMPLE & EFFICACE


Simple & efficace, d'installer un changement positif dans la durée.
Je m’efforce 
d’optimiser autant que possible le rapport "temps consacré/efficacité". C’est exactement l’inverse du marketing ! Pour le ménage par exemple, la publicité préconise une multiplicité de produits indispensables qui consomment aussi du temps : lingettes anti-poussière, produit anti-calcaire, pour les vitres, le carrelage, le parquet, les meubles, la cuisine, la salle de bain, lessive, détachants, détartrant machine… J’ai les ai réduit à sept ingrédients, pour tout et j’utilise principalement du savon noir et du vinaigre blanc. Au fur et à mesure, j'ai appliqué cette réduction drastique des choses superflues à mon mode de vie en général.


 INSTAGRAM MANIA
 

Quand j’ai commencé cette transition, mon compte Instagram était personnel et contenait des photos de ma famille. Je n’ai partagé mon parcours zéro-déchet qu'à partir de 2015 et Maison Minimaliste a été progressivement boosté malgré moi.
En 2015, un tel sujet était rapidement catalogué et connotébobo-chic. Il existe une résistance très française à la nouveauté. Les gens ont un discours alarmiste, la sensation systématique que ce sera forcément moins bien ou bien dévalorisent les engagements des autres en les appelant « des lubies ». J’ai donc fait mon chemin dans mon coin. Au fil de mes partages, j’ai compris qu’il fallait faire preuve de la plus grande bienveillance possible. Montrer l’exemple, surtout ne pas être vindicative. Ma petite communauté est venue à moi naturellement.

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LOVE & (FREE) HATE 
 

Les sujets les plus compliqués restent le végétarisme et le véganisme : les lecteurs/lectrices deviennent violents verbalement, souvent irrationnel/les. On m’accuse d’être inconsciente et de ne pas mesurer la situation des agriculteurs, de présenter des chiffres faux. Mes sources sont toujours vérifiées, issues de recherches scrupuleuses notamment sur la viande rouge ou les OGM. J’aime à croire et rappeler que le monde évolue. La fermeture des mines de charbon par exemple a pu rencontrer la même résistance, pourtant nous avons reconverti cette partie de notre industrie en d’autres activités. 
De même pour les voyages : la suppression de l’avion ne signifie pas perdre en qualité de vie ou régresser, mais bien évoluer vers des pratiques différentes compatibles avec la longévité de la planète. Par ailleurs, la transition est un chemin progressif. Personne de doit changer tout du jour au lendemain, personne ne doit exiger de l’autre ou de lui même la perfection. Je corrige mes travers, tranquillement et les compliments et encouragements m’étonnent souvent car je n’ai pas le sentiment de faire des efforts. À contrario, un message négatif est plutôt violent.

Ce que je cherche, c’est l’allègement en tout. 


 ÉCONOMIES HOMME / PLANÈTE

Je suis une bordélique qui se soigne. Avoir moins de choses a été un remède. Nous vivons dans une maison neuve récente, que l’on a choisi d’optimiser écologiquement. Je savais que les économies d'énergie seraient réelles, en revanche je n'avais pas pris la mesure des économies financières que j’allais réaliser. Les produits mentionnés pour l’entretien de la cuisine, de la douche, des toilettes, la poussière, désodoriser, détacher, retirer la rouille… Entre 2 et 4 euros l’unité, acheté 2 à 3 fois par an, le calcul est rapide. 
C’est la même chose dans l’alimentation. Tout n’est pas bio car pas forcément disponible près de chez moi, et parce que certains agriculteurs raisonnés n’ont pas les moyens de se payer des labels, mais tout est local et de saison. Ce qui coûte cher à la planète, ce sont la main d’œuvre et les serres pour les cultures hors saison. 
Il faut comprendre que changer de routine alimentaire ne veut pas dire chercher à tout prix des produits identiques en version bio, ou plus sains au même prix que les conventionnels. Il y a des compromis à faire et à comprendre. On finit par faire des économies non pasen appliquant le bio à son mode de consommation, mais en le changeant en profondeur. Il s’agit de manger plus simplement, moins transformé, plus raisonné. 
Ma fille m’a beaucoup aidée, qui a été la première à devenir végétarienne en janvier 2019. Progressivement, j’ai remis en question mes propres principes. Nous avions réduit drastiquement notre consommation de viande mais mon compagnon était encore convaincu que la viande était nécessaire à l’Homme, qu’il en avait besoin
J’ai commencé à m’informer, sans aller jusqu'aux documentaires L214 pour lesquels je n’étais pas prête. J’ai arrêté la viande et le poisson il y a un an. Mon compagnon a eu un déclic en deux temps : d’abord en regardant le documentaire Netflix The Game Changer qui démontre que notre puissance physique est décorellée des protéines animales, puis suite aux incendies d’Australie, souvent issus de feux volontaires destinés à rendre des terres cultivables, pour nourrir le bétail. 

 

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ÉCO-FÉMINISME… & CHARGE MENTALE FÉMININE 

 

Mon compagnon fait beaucoup d’efforts pour respecter et même suivre notre transition en famille. Cependant je ne peux pas nier l’évidencela charge mentale écologique est largement féminine. L’impulsion, c’est la mienne. J’ai donc le double rôle de faire et de transmettre : je fais le choix familial des pains de savon, je tente de déconstruire les endoctrinements de la publicité, qui vantent telle ou telle nouveauté géniale. En matière de transition écologique, chacun a son rythme propre, il faut le respecter et adapter son discours. Idem avec nos amis. Pour certains le sujet est tabou, pour d’autres c’est une évidence. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut pas faire des choix éclairés sans libre-arbitre. Sans connaissance, on ne peut jamais s’élever contre une situation qui nous semble anormale et dire Non, je ne suis pas d’accord avec ça.

 

J’ai le double rôle de faire et d’éduquer.

RELIRE L'INTERVIEW DE CAMILLE CHAUDRON @GIRL_GO_GREEN


DÉSENCOMBRER L’ESPACE PHYSIQUE & MENTAL 
 

Mon quotidien ne connaît pas de routine. Tout est optimisé pour gagner du temps. Les produits ménagers sont prêts à l’avance ou préparés minute, l’entretien est une somme de petits gestes répartis entre nous 3 à la maison. Ce que je cherche c’est l’allègement en toutLes vêtements sont un très bon exemple : moins de fringues, c’est moins de lessives.
J’ai été cette acheteuse compulsive qui accumule les soldes et ne porte pas ses vêtements. 
Le désencombrement de mon dressing a été la chose la plus compliquée pour moi. J’avais une tonne de tout, de mauvaise qualité. Mon déclic a eu lieu après un acte non prémédité : j’avais stocké dans un carton des affaires « au cas où ». Je l’ai oublié et quelques mois plus tard, j’ai été incapable de me souvenir de son contenu. Je ne l’ai pas ouvert et l’ai porté chez Emmaus tel quel ! Je me suis débarrassée progressivement du reste : le moche, le troué non réparable, le trop petit/grand, le déformé. Quand tu passes une barrière, celle d’après est plus facile. Aujourd’hui 80% de mon dressing vient de Vinted et de quelques marques éthiquesque je veux soutenir. Je garde une liste de choses que je désire ou que je dois remplacer. Ça peut faire l’objet d’idées cadeaux pour mes parents ou grand-parents. Ils observent le changement sans l’appliquer chez eux mais aujourd’hui ils comprennent que ça n’est pas une phase. C'est bien un mode de vie. Ils respectent nos choix, je ne force pas les leurs. Recevoir un cadeau non matériel comme une place de concert ou un objet de seconde main est pour moi déjà synonyme d’un grand pas de leur part !

LE COMPTE INSTAGRAM DE VANESSA

 

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