Lexique des matières

Lexique des matières
L'ensemble des visuels sont au crédit de @SATTODESIGN
   

LEXIQUE DES MATIÈRES

Anatomie d’un textile. Connaître pour choisir.

 

Un vêtement, c'est polluant. Mais pourquoi et à quel moment dans les étapes de sa fabrication, sa durée d'usage ou sa destruction ? Marie Curie a dit Dans la vie il n'y a rien à craindre, il y a tout à comprendre. Et pour comprendre, il faut connaître ! Savoir décomposer la matière, c'est se balader avec Google trad quand on fait du shopping dans la langue étrangère des étiquettes, ça permet de choisir la bonne direction. Voici la roadmap du textile à laquelle vous pouvez vous référer pour vos futurs achats.  

Knowledge is power.    

Winston Churchill
 

ALLER DIRECTEMENT AU PARAGRAPHE :
STEP 1 : LES FIBRES
STEP 2 : LA FABRICATION DES FILS
STEP 3 & 4: LES TISSUS & TECHNIQUES DE TRAITEMENT

STEP 1 : LES FIBRES

Qu’est ce qu’une fibre ? Une fibre est une formation élémentaire végétale ou animale d’aspect filamenteux se présentant sous forme de faisceaux. Il en existe des naturelles et des chimiques. On les détaille ci-après pour vous aider à vous y retrouver et connaître la culture et l'impact de chacune.

LES FIBRES VÉGÉTALES (OU CELLULOSIQUES)

mvegetale

  • Le coton : la production était estimée à 26 millions de tonnes par an (FAO 2010). Plus d’un tiers des cotonniers sont génétiquement modifiés dans un but d’augmentation du rendement (+50%), et 5% des terres cultivées en coton dans le monde utilisent 20% des pesticides. C’est aussi le premier consommateur d’eau d’irrigation de la planète (devant le blé et le riz). La production de coton biologique représentait 0,1% de la production mondiale en 2006.
  • Le lin : 300k tonnes produites par an (FAO 2011), soit 2.4% de la production mondiale de fibres. Plus des deux tiers de la production mondiale est située en Europe dont la moitié en France. La fibre a été génétiquement modifiée pour être plus résistante. 
  • Le chanvre : 90k tonnes par an (FAO 2011) dont 80% en Chine
  • L’ortie ou la ramie : 280k tonnes produites par an (FAO 2006), principalement utilisé dans les matériaux techniques professionnels et l’ameublement mais aussi l’habillement. 
  • Le jute : 3 millions de tonnes par an (FAO 2006), principalement en Inde et au Bangladesh, usage très répandu dans les sacs de transports agricoles et les toiles d’emballages.
  • Le latex ou caoutchouc : sève d’hévéa récoltée principalement en Thaïlande, Indonésie et Malaisie. Le caoutchouc sauvage est produit principalement en Amazonie.
  • Le kapok ou arbre fromager, fibres utilisées principalement pour les rembourrages, aujourd’hui remplacée par les fibres synthétiques.
  • En bien moindre volumes : les fibres d’ananas, de bananier (abaca), d’agave (sisal) ou de palmier (raphia).


LES FIBRES ANIMALES (OU PROTÉIQUES)

manimales 1

  • La laine : 2 millions de tonne par an, de qualité très variable et souvent non certifiée. 
  • Les poils de lamas : 4 types de fibres : les poils de lama, d’alpaga, de vigogne et de guanaco. La laine d’alpaga est très isolante et hypoallergénique. La laine de vigogne est la plus chère au monde. Le guanaco, vivant au Pérou, est menacé d’extinction. La population de lamas est principalement concentrée au Pérou et en Bolivie. 
  • Le cachemire : traditionnellement, on peignait les chèvres pour récupérer les poils. Aujourd’hui, elles sont tondues une fois par an. La Chine produit 95% de la laine de cachemire.
  • Les poils de chèvres d’Europe : les chèvres Saanen aux poils courts et blancs et la chèvre pyrénéenne, au pelage long et noir. Elles sont principalement élevées pour l’industrie agro-alimentaire (viande et fromage).
  • Le mohair : appellation donnée au pelage des chèvres angoras. Production majoritairement en Afrique du Sud (55%) et au Lesotho (14%). En France, les élevages rassemblent 3 500 chèvres dans le sud du pays. 
  • Les poils de lapin : les lapins angoras sont peignés afin de récupérer les poils. Le lapin allemand est tondu et en Chine, la toison est arrachée totalement. La Chine produit 90% des fourrures angoras.
  • Les poils de chameau : en Afrique, le pelage est peigné pour récupérer les poils, mais en Mongolie et au Kazakhstan, la récolte se fait par tonte. Production majoritairement en Asie (Inde) et en Afrique. Les poils de chameaux sont utilisés dans la réalisation de draperies et de toiles de tentes berbères.
  • La soie : les papillons bombyx, vivants sur des muriers, produisent de la soie de culture tandis que les chenilles en liberté font de la soie sauvage. La chenille file un cocon dans lequel elle va se transformer en papillon. Avant son apparition et sa sortie, le cocon est étouffé à l’aide de vapeur d’eau ou de gaz toxique. On peut ensuite récupérer le fil. Chaque années, 600 000 tonnes de soie sont produites (FAO 2011). La Chine contribue à hauteur de 70% à la production mondiale de soie. En France, il existe une filière de production artisanale de soie dans la vallée du Rhône, les Cévennes, le Languedoc et les Pyrénées. Il existe 5 dénominations de soie : la soie grège de 1ère qualité, la soie schappe de 2ème qualité, la bourrette de soie de 3ème qualité, la soie sauvage (tussah) et le taffetas. La soie a naturellement un aspect mat, crème ou jaune.
  • La soie d’araignée : existe uniquement en production artisanale à Madagascar. La production de soie d’araignée présente quelques obstacles car certaines espèces sont cannibales et d’autres produisent peu de fil. La soie d’araignée est extrêmement résistante.

 

LES FIBRES CHIMIQUES

  

Elles peuvent être issues de matières naturelles transformées.

martificielles

  • L’acétate de cellulose : à base pête de bois – utilisation : pellicules photographiques
  • Le triacétate de cellulose : à base de cellulose – utilisation : flocage, fausse fourrure, filtres de cigarettes.
  • La fibranne & la rayonne : à base de bois gras réduit en copeaux ou de pâte de bois trempé dans de la soude. 
  • Le lyocell : à base d’eucalyptus. Processus de fabrication écologique. Matériau dégradable après sa décomposition. 
  • Bemberg ou cupro : à base de plante de coton dissolu dans de l’oxyde de cuivre et de l’ammoniaque. Procédé au cuivre onéreux et dangereux pour l’environnement.
  • La viscose de bambou : pulpe de bambou dissoute. Procédé nocif pour l’environnement. Matériau anti-UV, biodégradable et recyclable. 
  • L’alginate : à base d’extrait d’algue brune – utilisation : industrie alimentaire, industrie textile, pansements. 
  • L’amidon de maïs : amidon de maïs fermenté. Matériau biocompostable et biodégradable. 
  • Le lanital : à partir de lait
  • Le verre textile : à base de sable
  • La chitine : à base de carapaces de crustacés 
  • La fibre de carbone : obtenue par dissolution du carbone
  • La fibre de basalte : à base de roche volcanique fondue et broyée
  • Les laines minérales : matériaux isolantes phoniques et thermiques (laine de verre)

 

Ou encore synthétiques : issues du pétrole ou du charbon.

  • Les polyamides – PA : composé d’houille ou de pétrole 
  • Les polyesters – PES : à partir de pétrole 
  • Les acryliques – PAN : composé d’houille, de chaux et d’air (azote)
  • Les chlorofibres – CLF : composé d’houille et de chaux 
  • L’élasthanne : à base pétrole, dérivé du polyuréthane
  • Les fluorofibres – PTFE : à partir de gaz tétrafluoréthylène – utilisation : Gore-Tex (équipements des pompiers, équipements nautiques et de randonnées), Téflon
  • Les aramides – PPD-T : utilisé pour renforcer des plastiques, notamment dans les vêtements de protection (gilets pare-balles, vêtements pour escrimeurs, pompiers)

 

Maintenant qu'on a les fibres, on peut faire du fil !

photo 1491895200222 0fc4a4c35e18


STEP 2 : LA FABRICATION DES FILS 

Elle commence par LA FILATURE DES FIBRES


En fibres continues et discontinues : plus les fibres sont longues, plus le fil est fin, solide et lisse. Les fibres courtes donnent des fils épais et cassants. 

Termes technico-techniques (pour les puristes de la méthodo)

Le cardage : démêlage des fibres à l’aide de peignes à carder ou de planches munies de pointes métalliques.
Le fuseau et la quenouille : filage manuel des rubans ou mèches de fibres végétales ou animales par rotation continue. Les fibres sont fixées au fuseau, tirer la quenouille allonge ces fibres. 
Le rouet ou la roue à filer : sert à filer les fils de trame et de chaîne. Une broche à ailettes est mise en mouvement grâce à une pédale, la rotation du fuseau est mécanisée.
Le métier continu à anneaux : identique au rouet, mais à la place de l’ailette un curseur placé sur un anneau en métal qui tourne très rapidement. Le fil est tordu puis enroulé sur la broche ou la bobine.

Puis LA TEINTURE DES FILS

Il existe des colorants naturels, à base de plantes ou d’animaux comme la garance, le pastel, la cochenille, la gaude, la brou de noix et le safran. Les colorants chimiques sont eux issus de la pétrochimie. Ils peuvent être solubles dans l’eau ou insolubles dans l’eau (pigments). 

Ensuite on passe au tissage.

photo 1560345734 45cf13b9f46a


STEP 3 & 4 : LES TISSUS & TECHNIQUES DE TRAITEMENT

 

LES TISSUS

Sont tout simplement issus d'un assemblage de fils, selon diverses méthodes:

  • Les tissus tissés : formés par l’entrecroisement perpendiculaire et alternatif des fils selon un dessin (l’armure). Ce type d’encroisement peut varier à l’infini.
  • Les tissus tricotés : entrelacement de boucles appelées mailles. Les tissus tricotés sont plus élastiques que les tissés et s’adaptent donc d’avantage aux formes du corps. 
  • Les tissus ajourés : tissus légers formés d’un fond et de motifs réalisés par entrecroisement, enroulement, accrochage ou tressage de fils. 
  • Les tissus non tissés : enchevêtrement de fibres. L’adhérence des fibres entre elles est obtenue par la pression, la chaleur, l’addition d’un liant ou l’emploi de fibres thermoplastiques. Tissus légers, infroissables et résistants.

L’ENNOBLISSEMENT

L’ennoblissement englobe tous les traitements subis par les tissus une fois tissés, qui leurs donnent des caractéristiques particulières dans un but fonctionnel (telles la résistance aux flammes) ou esthétique (les apports de couleurs, impressions, broderies …)

 

L'apports de couleurs 

  • Les teintures peuvent être artisanales comme l’indigo végétal, a teinture à la réserve : les ligatures, la couture, le batik et l’ikat. 
  • La teinture industrielle peut être réalisée à travers deux techniques différentes : en discontinu ou en continu et semi-continu. La façon de teindre un tissu varie en fonction de sa composition, selon s’il est constitué de fibres uniques ou de fibres mélangées et du type de fibre (soie, laine, polyester …). 

 

Les impressions


Les impressions sont réalisées à l’aide d’encres appliquées en aplat sur le tissu : à la planche, au pochoir, numérique ou par transfert. 

L'apprêtage

L’apprêtage désigne l’ensemble des opérations appliquées aux textiles afin d’embellir et de donner de nouvelles propriétés aux tissus pour les préparer à l’usage auquel ils sont destinés. Les procédés utilisés sont mécaniques ou chimiques. Il peut avoir un but fonctionnel ou esthétique

  • Les traitements mécaniques modifient la surface, le toucher ou l’apparence d’un tissu.
  • Les apprêts chimiques permettent soit d’enrober les fibres de l’étoffe, afin d’apporter à celle-ci des propriétés particulières sans en modifier l’aspect, le toucher ou la respirabilité ; soit de déposer un matériau polymère liquide à la surface du tissu. 

 

LA REVALORISATION DES MATIERES : LEUR SECONDE VIE

  • Le recyclage : toute opération de valorisation par laquelle les déchets, y compris les déchets organiques, sont retraités en substances, matières ou produits aux fins de leur fonction initiale ou à d'autres fins : par exemple, fabriquer du fil de polyester à partir de bouteilles de PET recyclées. 

  • Le surcyclage ou upcycling : récupérer des matériaux ou des produits dont on n'a plus l'usage afin de les transformer en matériaux ou produits de qualité ou d'utilité supérieure. L’upcycling ne dénature pas la nature première de l’objet mais peut détourner sa fonction . Pas exemple : fabriquer des éponges avec le tissus d’envieux T-shirt. La matière n’est pas décomposée. 

 

  • La customisation : action de personnalisation par une personne ou par une marque d’un objet. Par exemple : ajouter un gallon de dentelle ou un empiècement brodé sur une veste. 

 

LES MATIÈRES DU FUTUR

photo 1482872376051 5ce74ebf0908

On en parle dans l'épisode du Sapping dédié aux Fashion Green Days et dans notre article sur les alternatives végétales au cuir : textiles bactériens, chutes de cuir reconditionnées, déchets alimentaires revalorisés en matières. Tout est à inventer dans l'objectif premier d'utiliser toujours ce qui existe déja et de penser à la fin de vie / au reconditionnement du produit dès sa conception. On vous tient bien évidemment au courant !

 
 
Recevez chaque dimanche une revue de presse de nos articles, podcasts et vidéos et les goodgoods news en avant-première.