WORKWEAR - Le Style et l'Histoire du Vêtement de Travail

WORKWEAR - Le Style et l'Histoire du Vêtement de Travail

Get Your Hands Dirty 

 

La Mode du travail à porter. 
Les cols blancs amidonnés descendent des skylines où l’on manie chiffres et Power Points pour se salir les mains. 
De fait, le dressing s’adapte. Les fringues solides à l’entretien moins fastidieux font massivement surface dans les afterworks. Les bleus.

Phénomène fashion de masse? Pas que. Il y a là un cours d’histoire et une quête d’identité.
La démocratisation du workwear suit deux courant que nous pouvons représenter de la façon suivante:

Vertical, terroir

La filiation, tradition héritée de nos grand-parents et leur rapport à la matérialité exercé au delà d’une éventuelle profession ouvrière, maîtrisant la scie à métaux comme la pêche à la ligne.

Horizontal, migrateur

- Depuis le Japon : dans les années 70, les métiers à tisser traditionnels sont abandonnés au profit des métier industriels. Les japonais résistent et perpétuent la tradition du solide tissage de maître, pour fabriquer de la toile de coton, du denim grammage lourd et aux coutures aux finitions renforcées - le selvedge.
Ces tissus bruts partagent beaucoup de points communs avec les kimonos et leur savoir-faire rigoureux et épuré finit par séduire l’occident : les vannes de l’export s'ouvrent alors que la globalisation s’envole. CQFD : le cours d’histoire de terminale est dans tous les dressings. Les salopettes abondent en même temps que les bleus à l’aspect usé dès la sortie de l’usine. Du concept du neuf-vintage, comme le sapé-négligé, la symbiose des contraires est toujours efficace.

- Depuis les États-Unis : on assiste à un retour au fantasme patriarcal du métier de corps. Militaire, bâtisseur, agriculteur, orpailleur, marin. Le vulgum (nous) récupère les codes identitaires en apprivoisant le tissu et s'inpirant des images du cinéma des 40’s - Dean et son denim ont encore frappé - puis des rockers dans les années 60. En 2000, l‘American Vintage voit le jour et fleurit avec le style simpliste : Blue jean, white shirt… Walked into the room you know you made my eyes burn*. 



Défilé Vuitton Automne-Hiver 2018

Au delà des explications scolaires et pour mieux comprendre l’explosion actuelle de la tendance, j’ai interrogé Yoann, un millenialaficionado du workwear x habitué du Power PointPour lui l’expression de ce style est également commémorative, une forme d’attache à la ruralité tandis qu’on officie dans des bureaux sans générer d’activité productive, au sens matériel du terme

Si je devais résumer mon métier : j’envoie des emails toute la journée. Je n’ai pas l’utilité d'un vêtement technique, solide, mais j’ai l’impression de rendre hommage à la sueur qui m’a précédée.


Quant à la durabilité ?

Caban, outdoor, col roulé chaud à maille serrée, pantalon multipoches. Investir dans ces pièces est un choix durable, ce sont des tissus techniques indéchirables capables de survivre aux efforts et aux conditions climatiques 365 jours par an, dans une carrière de pierres comme de bureaucrate.
Quand on flippe du futur, on se tourne vers le passé : ces pièces n'ont pas bougé, ainsi chiner à la recherche de vestes de toile bleue, c'est suivre le fil de son identité à travers le vêtement. 

Triste cependant de constater qu'on léguera des meubles Ikea et doudounes Uniqlo plutôt que du design 50's et des tabliers Lafont… À nous de tisser la suite dans le bon sens.

C'est pour ça, j'mets des vieux.

Buzit le barde - Kaamelott

Une sélection de marques qui font du workwear et qui le font bien, les tips de workwear de seconde-main 

 

NEUF

UNIVERSAL WORKS

 

KNOWLEDGE COTTON APPAREL

 

 

WOOLRICH

 

REDWING (chaussures)

 

MAISON STANDARDS

 

LAFONT

 

SECONDE-MAIN

 

LA GOODGOODS CARTE DES BOUTIQUES DE SECONDE-MAIN

 

Guerrisol & Guerrida à Paris 

Les vrais brocantes à repérer sur BROCABRAC et VIDE-GRENIERS

Les ruelles (non les halles) des PUCES de Saint-Ouen

Blue Jean, Lana Del Rey